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  • Des nuisances à la pollution, 1790-1914
  • Revoir l'histoire de Montréal à la lumière de son environnement

Des nuisances à la pollution, 1790-1914: la construction de la  notion de pollution et la mise en place des systèmes nationaux de régulation des nuisances environnementales

Équipe de recherche : Michèle Dagenais, Chloé Deligne (Université Libre de Bruxelles) et Geneviève Massard-Guilbaud (École des Hautes études en Sciences sociales, Paris)

Subvention du CRSH, Fonds d’initiatives internationales, 2006 – 2008

Ce programme de recherche a pour objectif de mettre en perspective historique comparée les manières dont la notion de pollution s’est construite dans différents contextes nationaux (Angleterre, France, Belgique, Pays-Bas et Canada) et s’est constitué le droit de la pollution, au cours de la période d’émergence et de consolidation des économies industrielles.

Plus qu’un terme technique, le mot «pollution» est une véritable catégorie de pensée qui a évolué au fil du temps et des transformations sociales et technologiques. Faire l’histoire de la pollution suppose de s’intéresser non seulement à des matières polluantes dont il s’agirait de dresser un inventaire ou une cartographie historique, mais aussi aux processus qui conduisent les sociétés à établir le caractère polluant de ces substances, et encore aux relations qu’elles entretiennent avec elles: cherchent-elles à les déplacer? À les éradiquer? À empêcher leur prolifération?La pollution comme catégorie de pensée résulte donc d’une construction cognitive sujette à de grandes variations à la fois dans l’espace et dans le temps. Cruciale, cette dimension du problème, saisie comme construction cognitive, est au fondement de ce programme de recherche.

Transatlantique, notre recherche couvre cinq pays: d’une part, le Canada y compris le Québec dont le code civil, de source française, se distingue du canadien-anglais inspiré de la Common Law; d’autre part, un échantillon significatif de pays européens, dont l’Angleterre, pionnière en matières urbaine et industrielle; la Belgique, premier pays à suivre, sur le continent, la voie ouverte par les Britanniques; la France, acteur majeur, dont le modèle diffère sur de très nombreux points de son éternelle rivale britannique; les Pays-Bas, dont le développement industriel est un peu plus tardif.

En comparant des pays différents, notre équipe se donne comme premier objectif de mettre en évidence la relativité du concept. À cette fin, deux opérations de recherche seront menées : (1) nous procéderons à une enquête pour reconstituer la façon dont ce concept s’est construit et a évolué et les raisons de ces évolutions; et (2) nous utiliserons cette connaissance fine du concept de pollution pour identifier le contenu qui lui est donné en des lieux et des moments divers. Le second objectif est l’analyse du processus de constitution du droit de la pollution moderne, entendu comme l’ensemble des formes de régulation mises en place pour contenir, réduire, déplacer, prévenir ou éradiquer la «pollution» ou pour résoudre les conflits surgis par sa faute. Ce second objet d’étude, juridique et institutionnel, paraît particulièrement adapté à une comparaison entre États nationaux.

 

Revoir l'histoire de Montréal à la lumière de son environnement: analyses croisées de la ressource eau dans la fabrication d'un milieu métropolitain aux 19e et 20e siècles

Équipe de recherche : Michèle Dagenais, Jean-Pierre Collin et Claire Poitras (INRS-Urbanisation, Culture et Société)

Subvention équipe du CRSH 2003 - 2006

Ce projet vise à mettre en lumière le rôle de l'environnement dans la croissance et le façonnement de la région montréalaise entre 1880 et 1980. Il s'agit de réintroduire l'eau, un élément crucial intervenu dans le processus d'urbanisation, et d'analyser son rôle dans la fabrication imaginée et concrète de la région montréalaise.

Si, jusqu'à maintenant, les travaux des historiens ont parfois tenu compte de l'apport des éléments naturels dans le façonnement des milieux urbains, ce fut généralement de manière instrumentale et fonctionnelle, pour décrire leur apport dans le développement économique de ceux-ci. En revanche, la perspective de l'histoire environnementale invite à placer au cour même de l'analyse les éléments naturels et les façons dont on les a pensés, utilisés et éventuellement épuisés. Comment l'eau a-t-elle contribué au façonnement de l'espace métropolitain montréalais? Comment a-t-elle été utilisée et exploitée dans le processus de fabrication de cet espace? En analysant les impacts du développement urbain sur l'environnement naturel et en particulier sur la composante eau, cette recherche souhaite contribuer à une meilleure compréhension des interrelations et des tensions découlant des demandes des espaces urbains sur leur milieu tout autant que des transformations qu'ont connues les hinterlands dans leurs échanges avec la ville.

Deux questions centrales guident notre recherche et nos analyses :

1) Il s'agit de débusquer la manière dont on a perçu et utilisé l'eau au cours du siècle couvert par ce projet. Il importe de retracer les différentes perceptions, ayant eu cours entre les années 1880  et 1980, et d'identifier les forces qui ont orienté les modèles de développement et l'usage qu'on a fait de l'eau dans le passé. En réfléchissant à la ressource eau dans un temps relativement long, nous serons en mesure d'éclairer les attitudes changeantes par rapport à l'environnement dans le passé mais aussi le caractère éminemment historique et partant, contingent de notre rapport comme société à l'environnement.

2) Dans l'histoire des sociétés occidentales contemporaines, il appert que cette dialectique perceptions/usages a été mue par la tension entre les forces prônant le développement économique et celles qui se préoccupent davantage de conservation de la ressource. Quels ont été les arguments avancés en faveur de l'usage de la ressource eau? Comment, par ailleurs, les inquiétudes provoquées par son exploitation se sont-elles exprimées? Il s'agit de retracer les termes des débats et la manière dont ils ont pu peser sur les réalisations.

Notre stratégie de recherche comporte trois axes thématiques :

(a) le rôle de l'eau dans le développement de la région montréalaise par le biais de la villégiature;

(b) l'eau, la réglementation de son usage et la gestion des infrastructures qui y sont liées;

(c) l'exploitation de l'eau comme source d'énergie et les problèmes que posent les aménagements hydro-électriques.

Travaux présentés dans le cadre de ce projet 

Articles

Michèle Dagenais, « 'Returning to nature': Vacation and Life Style in the Montreal Region », dans Geneviève Massard Guilbaud, Dieter Schott et Bill Luckin, dir., Resources of the city. Contributions to the European modern environmental history, Aldershot, Ashgate, 2005 (à paraître)

Jean-Pierre Collin, Michèle Dagenais et Claire Poitras, « From City to City-Region : Historical Perspective on the Contentious Definitions of the Montreal Metropolitan Area », Canadian Journal of Urban Research,, 12, 1 (été 2003), 16-34.

Communications

Michèle Dagenais et Claire Poitras, Urbanisation et gestion de l'eau dans la région de Montréal, 1870-1980, Troisième table-ronde internationale d'histoire de l'environnement urbain  (XIXe et XXe siècles),  University of Sienna,  24 au 26 juin 2004.

Michèle Dagenais, Constructing a little piece of paradise: holidaying and sub-urbanization in the region of Montreal, 1870-1950, Urban History Group Meeting, University of London, Royal Holloway College, 1-2 avril 2004.

 

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